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Nous avons demandé à Lina Raffoul, directrice de l’organisme Horizon Carrière  d’écrire l’éditorial du premier numéro à vie de Vision croisée.     

L’intégration des nouveaux arrivants au Québec représente une richesse, un défi, voire une nécessité pour une société en quête de définir sa démographie.  

Le manque de relève n’est d’ores et déjà plus un secret, une faille comblée en large partie par l’immigration, l’une des solutions les plus immédiates et prometteuses pour renforcer notre mosaïque québécoise. Or, il ne faut pas se leurrer ; pour y arriver, il faudra redoubler d’efforts. Les organismes d’accueil et d’intégration l’ont compris depuis longtemps et font tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre aux nouveaux arrivants de bénéficier des meilleurs services de francisation, pièce maîtresse de leur adoption linguistique.  

La francisation, aussi complexe soit-elle, s’avère indispensable à la liberté comme à la contribution future du nouvel arrivant à la société d’accueil. Les organismes ne sont toutefois pas les seuls concernés par cet enjeu. Les entreprises ont aussi intérêt à ce que la main-d’œuvre immigrante soit en mesure de s’intégrer adéquatement, afin qu’elle soit capable de répondre aux exigences du marché, d’aujourd’hui et de demain.  Face à cet enjeu, nous sommes tous et toutes concernés par le défi de l’intégration, que l’on soit un nouvel arrivant ou un citoyen de longue date. Nous devons reconnaître que l’apport de l’autre commence par l’ouverture de soi à donner et recevoir.  

Ce premier numéro de Vision croisée aspire à la conscientisation des efforts de tout un chacun pour bâtir une expérience de l’immigration selon un modèle de réussite.

À travers les récits poignants des contributeurs, on retrouve une vision de leurs rêves au Québec et pour le Québec. Nous dépeignons également un portrait des difficultés auxquelles les nouveaux arrivants doivent faire face, les décisions parfois déchirantes à prendre, au risque de se tromper et d’avoir l’amère impression de tout recommencer. On sent la culture bouillante en eux et elles, celle qu’ils et elles portent, qui les porte, et celle qu’il faut ardemment adopter pour plus de facilité.  

À la lecture du magazine, nous comprenons mieux la vision des acteurs économiques et de leurs perceptions face à la nécessité pour notre économie, notre compétitivité et notre développement régional, d’octroyer une plus grande place à la diversité. Nous constatons leur engagement d’offrir un accès à des emplois de choix à une main-d’œuvre immigrante compétente. À travers les pages de ce tout premier numéro, on y aborde également les efforts déjà menés par bon nombre de régions et d’entreprises pour attirer les talents provenant de l’international. 

Cette publication nous amène aussi à comprendre les parcours des nouveaux arrivants, à la lumière des défis et stratégies individuelles et collectives mises de l’avant pour s’intégrer. Plus encore, elle nous permet de rêver notre société future, une société où tous et toutes peuvent contribuer à un environnement où le français est la langue commune.  

Un grand merci à l’équipe de Vision croisée d’avoir élaboré ce projet de longue haleine. Je suis déjà impatiente de lire les prochains numéros.